Huawei vient de ravir à Samsung la place de numéro un sur le marché, un basculement qui secoue l’industrie et rebat les cartes de la concurrence mondiale.
Chez Samsung Electronics, une nouvelle stratégie prend forme. Fini le tout-mobile : le géant sud-coréen déploie ses efforts sur les services d’infrastructure, un domaine où la pression internationale sur Huawei laisse des opportunités à saisir. Depuis plusieurs mois, les soupçons d’espionnage visant le constructeur chinois inquiètent gouvernements et opérateurs. Samsung ne laisse pas filer cette fenêtre.
En repositionnant ses priorités, Samsung entend s’imposer comme un acteur de référence dans les réseaux 5G. Ce virage n’est pas anodin : Huawei, longtemps intouchable sur la 5G, doit gérer une défiance croissante. De nombreux clients cherchent désormais des alternatives crédibles. Samsung s’engouffre dans la brèche, prêt à occuper l’espace laissé vacant.
Dernier exemple en date : le rapprochement avec Orange. L’opérateur, présent sur 27 marchés, s’appuie jusqu’ici principalement sur les équipements Huawei pour ses infrastructures. Mais cette année, Orange franchit un cap et annonce ses premiers tests 5G avec Samsung. La prudence domine encore, mais le signal est clair : le monopole de Huawei commence à vaciller.
Les accusations contre Huawei ne faiblissent pas. Les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou encore le Royaume-Uni soupçonnent que l’infrastructure 5G de la marque pourrait servir d’outil de surveillance pour le gouvernement chinois. Pourtant, à ce jour, ces allégations n’ont pas été appuyées par des preuves tangibles. L’ombre du doute suffit toutefois à écorner la réputation du groupe et à pousser certains acteurs à diversifier leurs fournisseurs.
CETTE

Du côté de Samsung, la pression se fait sentir sur d’autres fronts. Les ventes de puces et de smartphones ont connu une sérieuse baisse récemment. Face à ce ralentissement, le groupe sud-coréen mise désormais sur l’infrastructure et l’innovation pour rebondir. Il prévoit ainsi d’investir 22 milliards de dollars sur les trois prochaines années dans plusieurs domaines de pointe : technologie mobile 5G, intelligence artificielle, biotechnologie et composants électroniques pour l’automobile. La répartition de ces investissements reste à préciser, mais le cap est donné.
Le secteur des télécoms n’a jamais été aussi mouvant. Entre bouleversements géopolitiques, méfiance accrue et course à la technologie, la bataille pour la 5G tourne au jeu d’équilibristes. Demain, qui dominera vraiment ce marché ? Les paris sont ouverts, et chaque décision compte.

